Je viens de finir La Justice de l’ancillaire, premier tome des Chroniques du Radch, et je n’en ressors pas tout à fait indemne. Ce roman m’a impressionnée par la manière dont Ann Leckie revisite la question des genres en SF – et pas seulement ça.
Dans l’empire du Radch, tous les individus sont désignés comme féminins, ce qui renverse la norme habituelle d’un masculin universel. De plus, aucune description n’indique clairement si un personnage est un homme ou une femme, ce qui reflète l’indifférence totale de la narratrice à ce sujet.
Ce choix de l’autrice perturbe notre lecture, car nous essayons constamment d’attribuer un genre aux personnages. Cela devient particulièrement intéressant dans les dynamiques relationnelles :
Une relation intime entre deux personnages, tous deux lieutenants mais issus de sphères sociales différentes, illustre cette subtilité. Ann Leckie joue avec nos perceptions : selon le genre que nous attribuons à ces personnages, la dynamique relationnelle et les implications hiérarchiques prennent des nuances différentes. Ce flou volontaire met en lumière la manière dont nos préjugés influencent notre lecture et notre compréhension des rapports de pouvoir et d’intimité.
Mais ce n’est pas tout. Ce roman explore aussi des thèmes profonds comme la notion d’individualité, un sujet complexe qui mérite un post à lui seul. Malgré la difficulté de la lecture, je recommande chaudement ce livre : il est riche, audacieux, et offre une expérience unique.
J’ai hâte de découvrir ce que le tome 2 réserve ! Si vous l’avez lu, n’hésitez pas à partager vos impressions.

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