Le point de rupture n’a pas de bruit

Il y a des matins où le monde semble suspendu à une ficelle trop fine.
Où tout se déroule dans le bon ordre — l’eau qui chauffe, les vêtements qu’on enfile, la clé qu’on tourne — et pourtant, quelque chose ne suit pas.

Une faille.
Pas assez grande pour tomber. Juste assez pour vaciller.

Dans Combien d’allumettes, j’ai voulu écrire cette faille-là.
Pas celle des grands effondrements.
Celle des décalages minuscules. Des murs blancs qui semblent trop blancs. Des néons qui clignotent sans raison. Des pensées qui ne s’alignent plus.

La narratrice aurait pu dire : je vais bien.
Elle aurait pu dire : ce n’est rien.
Mais il y a cette heure — huit heures pile — qui revient comme un battement figé.
Cette sensation que la pièce respire sans elle.
Et ce paquet d’allumettes, posé là, comme un point final sans phrase.

Ce n’est pas un texte à clé.
Plutôt une chambre close, un silence saturé.
Quelque chose qu’on lit sans tout comprendre, mais qui reste.

Je vous invite à pousser la porte.
Et à me dire, si vous le souhaitez, ce que vous y avez entendu.

→ Lire Combien d’allumettes


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