Ce qui s’ouvre

Encore un peu

Un fil tendu.
Une tension douce, enveloppante.
C’est bon.
Je ne veux pas que ça s’arrête.

Je tire légèrement dessus.
Pour sentir.
Pour éprouver encore un peu.

Ça cède
à peine.
Ça tient.

C’est évident.
Surprenant aussi.

Et quelque chose en moi rit
avant même que je comprenne.


Une mémoire sans passé

Un poids qui s’allège.
De plus en plus.
Qui disparaît.
Sans même laisser sa forme.

Une douceur se pose.
Sur la peau.
Sur la langue.
Elle enveloppe tout.

Une vibration dans le corps.
Un éclat au creux du ventre.
Un embrasement
qui ne brûle pas.

Le temps se replie.
Des heures entières
tiennent dans quelques minutes.
Puis demeure un creux.
Léger.
Encore tiède.

Quelque chose reconnaît
ce qui vient à peine de naître.
Une mémoire sans passé.
Une évidence neuve.

Cela grandit
sans faire de bruit.
Chaque jour ouvre un peu plus l’espace.

Plus loin,
quelques lignes apparaissent.
Légères encore.
Mais elles tiennent.

Le calme et le vertige au même endroit.

Et tout est là.
Quelque chose de plein.
De complet.
À sa juste place.