La nuit épluche les secrets

Une nuit qui n’en finit pas

Couchée sur le dos
Peau froide sur le drap chaud
Yeux fixés au plafond
Une pensée tourne en rond

J’entends l’écho du silence
La solitude, en présence
Une sœur muette, fidèle
À mes heures intemporelles

Ce n’est que le début, je le sais
La nuit épluche mes secrets
Clairvoyance ou obsession ?
Je sombre sans confession


Griffure invisible

Mon esprit revient sans cesse à ce jour précis.
Je cherche en vain un peu de répit.
Une voix en moi, faible, absente.
Ce souvenir m’obsède. Me hante.

Sur mes pensées, une poigne puissante.
Je tente de l’arracher. Elle me suit.
A l’arrière de mon crâne, une présence frémissante.
Elle gratte, crie.

Moi je veux hurler. Cogner.
Je me suis résignée, face à l’incongru.
J’ai accueilli cet intrus, au lieu de lutter.
D’elle-même, elle a disparu.


Apnée

Le ventre qui se tord.
Une respiration en apnée.
L’air bloqué dans la gorge.
Le cœur au bord des lèvres.

Mais rien ne vient.
Rien ne sort.
Ni larme, ni cri.
Rien.

Le corps rend les armes, la pensée prend le relais.
Une angoisse sourde qui rampe.
Un inlassable assaut.
Une avalanche de questions.

Des montagnes de doutes pour enterrer l’espoir.
Ne pas croire.
Enterrer.
Rester en bas pour ne pas chuter.


Un peu

Un tourbillon sombre.
Une seule lumière à l’horizon.
Fragile. Vacillante
Aussitôt soufflée.

Les ténèbres reviennent.
Comme un ressac qui submerge. Qui te noie.
Ou comme un vent aigu.
À te rendre folle.

Des flashs lumineux aveuglants.
Quelque chose t’attrape.
Une main ? Toi qui cède ?
Tu ne sais pas.

À nouveau le néant.
Celui auquel tu aspires.
Le rien.
Il t’engloutit.

Et puis le voile frémit.
Tu vois un peu au travers.
Une lueur. Ténue.
Tu respires. Un peu.