Il y a des œuvres qu’on ne voit pas venir.
On entre pour regarder. Pour comprendre, peut-être. Pour être touchée, si quelque chose arrive.
Mais parfois, l’œuvre ne passe pas d’abord par la pensée. Elle effleure. Elle insiste. Elle racle contre quelque chose de plus profond que l’analyse.
On peut trouver cela beau, bien sûr. Mais ce n’est pas toujours une beauté confortable. Certaines œuvres déplacent. Elles embarrassent presque. Elles font monter les larmes avant même que l’on sache très bien pourquoi.
Ce qui m’intéresse dans ces moments-là, c’est ce délai. Le temps que met le corps à comprendre qu’il a été atteint. Le temps qu’il faut ensuite pour redescendre. Revenir au bruit, à la rue, au monde ordinaire. Essayer de se remettre en place.
Mais quelque chose reste déplacé.
Ce reel est né de cette sensation : l’impact silencieux de certaines œuvres. Celles qu’on ne comprend pas seulement. Celles qu’on traverse autant qu’elles nous traversent.
Celles que l’on encaisse.

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