Certains lieux attendent encore quelque chose

Il y a des endroits qui me mettent immédiatement mal à l’aise. Pas à cause de ce qu’ils montrent. À cause de ce qu’ils gardent.

Un escalier vide. Une lumière encore allumée. Un appartement trop silencieux. Une porte entrouverte. Une pièce où plus personne ne vit, mais où quelque chose semble ne pas avoir complètement disparu.

Je crois que beaucoup de mes histoires commencent avec une sensation très physique. Quelque chose de déplacé dans l’air. Une impression de présence. Ou d’absence trop lourde.

Quand je tombe sur certains lieux, je n’ai pas l’impression de regarder un décor. J’ai l’impression d’arriver après quelque chose. Ou juste avant. C’est peut-être pour ça que les espaces prennent autant de place dans ce que j’écris.

J’aime les endroits qui semblent retenir une tension sans jamais l’expliquer.

Je crois aussi que mes personnages naissent souvent là. Dans cette sensation très étrange qu’un lieu peut porter quelque chose que les gens eux-mêmes essaient d’étouffer.

Un silence. Une violence. Une fatigue. Un désir. Une rupture déjà en train d’exister. Peut-être que j’écris pour essayer d’approcher cet instant précis. Le moment où quelque chose bascule, presque imperceptiblement. Avant le bruit. Avant l’effondrement.

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