Je ne sais pas exactement de quoi parle ce poème. Ou plutôt : je pourrais donner plusieurs réponses, et aucune ne serait complètement juste.
Il pourrait parler d’un souvenir. D’une blessure. D’un désir. D’une peur. De toutes ces choses qui devraient finir par partir et qui pourtant s’installent.
J’ai longtemps cru que ce qui nous marquait le plus était ce qui faisait le plus de bruit. Les grandes ruptures. Les grandes joies. Les grands drames. Aujourd’hui, je n’en suis plus si sûre.
Je crois que ce sont souvent les choses minuscules qui restent le plus longtemps. Une phrase entendue au mauvais moment. Un regard. Une rencontre. Une absence.
Quelque chose qui semble insignifiant sur le moment et qui pourtant trouve un endroit où s’accrocher. Alors ça reste. Parfois des années. Parfois toute une vie. Pas forcément comme une douleur. Pas forcément comme un poids. Parfois comme une présence. Une vibration discrète. Quelque chose qui continue à résonner alors même que tout le reste a changé.
Ce poème est né de cette sensation. Cette impression étrange qu’il existe en nous des choses qui n’ont plus de raison d’être là. Et pourtant elles sont là. Pas toujours visibles. Pas toujours nommables. Mais vivantes.
J’aime l’idée que certaines traces refusent de disparaître. Pas parce qu’elles sont plus fortes que nous. Parce qu’elles font désormais partie de nous. Peut-être que nous sommes aussi faits de cela. De ce qui est resté. De ce qui s’est accroché. De toutes ces petites choses qui ont trouvé leur place là où rien ne devrait rester.
Poème à lire sur la page Ce qui cède.

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