Je ne sais pas si c’est une déformation récente ou quelque chose de plus ancien. Mais il y a des lieux qui me donnent immédiatement envie d’écrire. Pas parce qu’ils sont beaux. Pas parce qu’ils sont impressionnants. Parce qu’ils semblent attendre.

Un couloir. Une porte. Une pièce vide. Un escalier. Quelque chose de parfaitement ordinaire. Et pourtant, l’impression étrange que l’histoire a déjà commencé.

Je crois que ce qui m’intéresse n’est pas le lieu lui-même. C’est la tension qu’il contient. La promesse silencieuse de quelque chose qui pourrait arriver.

Quand j’écris, je cherche souvent la même chose. Pas l’événement. Pas le rebondissement. Ce moment suspendu où tout est encore possible.

Un personnage entre dans une pièce. Quelqu’un hésite avant de répondre. Une phrase reste bloquée dans la gorge. Rien n’est arrivé. Et pourtant tout a déjà commencé.

Peut-être que certains lieux me touchent parce qu’ils produisent exactement cette sensation. Ils ne racontent rien. Mais ils donnent envie d’inventer ce qui vient ensuite. Et parfois, c’est là que naissent les histoires.

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