Il y a des émotions qui ne viennent pas d’un seul bloc.

Elles ne surgissent pas toujours comme une explosion nette, identifiable, presque simple à nommer. Parfois, elles reviennent autrement. Par mouvements. Par reprises. Par vagues.

Ressac est né de cette sensation-là.

Quelque chose frappe, puis se retire.

Pendant un instant, on pourrait croire que c’est terminé. Que le calme revient. Que le corps va se relâcher. Que la vague est passée.

Mais ce n’est jamais tout à fait vrai. Elle revient. Pas forcément plus forte. Pas forcément différente. Mais elle revient.

J’avais envie d’écrire cette répétition. Ce mouvement qui use plus qu’il ne détruit. Une vague seule ne creuse pas une falaise. Mais la répétition, elle, finit par marquer la roche. Elle insiste. Elle revient au même endroit. Elle transforme sans demander la permission.

Dans ce poème, la mer n’est pas seulement un décor. Elle est une manière de parler du corps. Du poing qui se serre. De la mâchoire qui retient. Du tremblement qui cherche un passage. De tout ce qui ne sort pas encore, mais pousse déjà contre la peau.

Je crois que la colère ressemble parfois à cela. Pas toujours un cri. Pas toujours une rupture.

Parfois, c’est une pression sourde. Un mouvement intérieur qui frappe contre quelque chose de plus ancien, de plus dur, de plus silencieux. Une roche. Une falaise. Une partie de soi qui a appris à tenir. Et pourtant, quelque chose cherche une brèche.

J’aime cette image parce qu’elle ne dit pas seulement la violence du retour. Elle dit aussi l’usure. La patience terrible des choses enfouies. Ce qui revient n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être puissant.

Il suffit que ça revienne. Encore. Et encore. Par vagues.

Poème à lire dans le recueil Sous la peau. Un reel est aussi disponible sur ma page Insta.

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