Microfiction

« Tu étais d’accord. »

J’aurais juré avoir dit non.

Il m’a fait écouter un enregistrement.

C’était ma voix.

Elle disait oui.

Mais ce qui me dérangeait le plus, c’était le ton.

Je n’avais jamais eu l’air aussi sûre de moi.

Derrière le texte. Il suffit parfois de quelques secondes pour ébranler une certitude. Une phrase prononcée. Un souvenir qui ne correspond pas. Une preuve qui devrait mettre fin au doute et qui, au contraire, le rend plus difficile à écarter.

J’avais envie d’explorer cette situation dans une fiction très courte, en laissant volontairement plusieurs interprétations possibles. La narratrice se trompe-t-elle ? A-t-elle oublié ? Est-ce sa mémoire qui lui joue des tours ? Ou quelque chose de moins innocent ?

La réponse n’est pas donnée. C’est ce qui m’intéresse dans ce type de récit : le moment où les faits semblent clairs, mais où leur signification nous échappe encore.

Avec La preuve, j’ai également voulu essayer une autre manière de partager mes textes. J’en ai réalisé une adaptation en reel, avec des images et une ambiance sonore qui accompagnent progressivement le trouble du personnage.

Découvrir la version vidéo de La preuve sur Instagram :

Votre commentaire