Il y a des violences qui ne laissent pas de traces visibles. Pas de cris. Pas de coups. Rien qui justifie immédiatement la colère ou la fuite.
Et pourtant, quelque chose s’abîme.
Comme si ça l’amusait est née de cet endroit-là. De ce moment flou où l’on sent que quelque chose cloche, sans parvenir à le nommer. De cette zone grise où l’on doute de soi avant de douter de l’autre.
Ce texte ne raconte pas une explosion. Il raconte une lente distorsion.
Ce qui dérange, ce n’est pas ce qui est dit. C’est ce qui est toléré.
Dans la nouvelle, rien n’est spectaculaire. Les mots sont parfois banals. Les gestes presque anodins. Et c’est précisément cela qui les rend dangereux.
Il y a ce sourire en trop. Cette remarque qui se veut légère. Cette insistance déguisée en jeu.
Rien qui suffise à dire : c’est grave. Mais assez pour que le corps, lui, se mette en alerte.
Le texte avance ainsi : par petites touches, par glissements successifs. Sans accusation frontale. Sans morale.
Parce que dans ces situations-là, la violence ne se reconnaît jamais tout de suite. Elle se normalise.
Ce qui m’intéressait en écrivant Comme si ça l’amusait, ce n’était pas la figure de l’agresseur. C’était le mécanisme intérieur de celle qui reste.
Comment on minimise. Comment on justifie. Comment on se dit que ce n’est “pas si grave”.
Non par faiblesse. Mais parce que reconnaître la violence, c’est accepter qu’on est déjà trop loin.
Le déni n’est pas une naïveté. C’est une tentative de tenir. Je n’ai pas cherché à expliquer. Encore moins à réparer.
L’écriture reste au ras du vécu. À hauteur de sensations, de pensées fragmentées, de contradictions.
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