Je ne sais pas exactement quand ça commence. Ce n’est pas un grand moment. Pas une décision claire. Pas un point de rupture qu’on pourrait nommer. C’est plus discret que ça.

Quelque chose se déplace. À peine. Et pourtant, tout change.

On croit souvent que basculer, c’est violent. Qu’il faut une chute, un choc, un avant et un après bien tracés. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe.

Ça commence dans le flou. Une sensation. Un tiraillement léger. Quelque chose qui insiste, sans bruit. On pourrait ne pas y prêter attention. Continuer. Rester là. Faire comme si. Et en surface, tout tient.

Les gestes sont les mêmes. Les mots aussi. Rien ne s’effondre vraiment. Mais en dessous, ça a déjà bougé. Ce qui est étrange, c’est que ça ne ressemble pas à un choix. On pourrait croire que ça en est un. Qu’il suffirait de décider. Mais non. C’est déjà en train de se faire.

Il y a un moment où on comprend. Pas avec des mots. Pas clairement. Mais on le sent. Revenir en arrière ne sera pas possible.

Même sans avoir encore avancé. C’est froid. Pas spectaculaire. Pas beau. Pas doux. Juste évident. Alors il reste quoi ?

Pas une réponse. Pas une direction claire. Juste ça. Un pas. Rien qu’un. Et parfois, c’est suffisant.

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