Il y a des poèmes qui naissent d’une douleur. Celui-ci, non. Pas exactement.
Encore un peu vient d’un endroit plus doux, plus fragile aussi. Un endroit où quelque chose tient, mais pas d’une manière sûre. Pas d’une manière solide. Plutôt comme un fil que l’on touche du bout des doigts pour vérifier qu’il est bien là.
Je crois que ce poème parle de ce moment très précis où l’on sent quelque chose avant de le comprendre. Une tension. Un lien. Une évidence qui n’a pas encore trouvé ses mots.
Ce n’est pas une certitude calme. Ce n’est pas un grand mouvement spectaculaire. C’est plus discret que ça. Presque intime. Quelque chose qui se tend en soi, qui répond, qui résiste à peine.
Et au lieu de reculer, on tire doucement dessus. Pas pour rompre. Pas pour abîmer. Pour sentir. Pour éprouver encore un peu.
J’aime cette idée-là : le corps qui sait avant la pensée. Le corps qui reconnaît une vérité avant que l’esprit soit capable de la formuler. Parfois, on comprend très tard ce qui était déjà évident. On se croit encore en train d’observer, d’hésiter, de mesurer, alors qu’une part de nous a déjà ri, déjà répondu, déjà choisi.
Il y a quelque chose de très troublant là-dedans. Et de très vivant.
Dans ce poème, je n’avais pas envie de nommer ce qui arrive. Je voulais rester au plus près de la sensation : la tension douce, le fil, le geste minuscule, ce qui cède à peine mais tient encore.
Parce que parfois, c’est dans cet endroit fragile que se trouve la vérité. Pas dans ce qui éclate. Pas dans ce qui s’impose. Mais dans ce qui tient. Encore un peu.
Poème à lire dans la section Ce qui cède.
Reel à retrouver sur ma page Instagram.

Laisser un commentaire